Etude des Initiatives habitantes sur la gestion des déchets à Beyrouth

Stage de recherche sur les initiatives habitantes par rapport à la gestion des déchets à Beyrouth dans le cadre du Forum 2019 "Crise démographique, crise écologique : quels urbanismes de transition?" de l'Association Urbanistes du monde.

  • Lieu de réalisation : Beyrouth, Liban
  • Date de réalisation : 01/07/2019
  • Projet réalisé dans le cadre d'une structure existante
  • Thématique(s) du projet : Autres
  • Valeurs défendues : Solidarité

A l'origine de ce projet

Iris AUDUREAU

(22 ans)

Etude des Initiatives habitantes sur la gestion des déchets à Beyrouth en détails

on peut se demander dans quelle mesure les initiatives nées lors de la crise des déchets de 2015 pour contrer l’absence de services publics ont été un déclencheur d’une prise de conscience sur les modes de vie et de consommation pour les habitants et comment aujourd’hui peuvent-elles, entrer dans la fabrique de la ville en proposant de nouveaux modèles d’urbanismes de transition. (On peut émettre l’hypothèse que c’est par le biais d’une interaction avec le public au niveau local, c’est à dire les municipalités, que cela pourrait être possible.) Face à la crise des déchets, depuis 2015, des initiatives de recyclage se passant des structures publiques sont nées au Liban. Celles-ci sont prises en charge par des associations et des collectifs. Certaines sont nationales comme Greenline, Beirut Madinati, Recycle Lebanon et d’autres sont des initiatives locales ou ultralocales comme Drop off Tabarja qui est une ville côtière où se trouve des décharges, L’écoute qui est une association qui emploie des personnes en situation de handicap et en particulier des personnes malentendantes, avec pour objectif de créer, en même temps une économie locale et solidaire. Il est intéressant de noter que les initiatives semblent être complémentaires. Ainsi Compost Baladi, est un collectif de récupération et de valorisation des déchets organiques à Beyrouth qui vise un objectif zéro déchet. D’autres initiatives sont entrepreneuriales comme Chimi USJ qui essaie de développer les solutions de recyclage les plus efficaces en prenant en compte la structure chimique des différents types de déchets présents localement mais aussi l’élaboration de matériaux plus facilement recyclables. Enfin Cedar environmental, entreprise qui a aussi pour but le zéro déchet et crée de nouveaux produits à partir de déchets (design…). Les initiatives sont très variées à la fois en fonction de l’échelle à laquelle elles agissent, ou des types de déchets qu’elles recyclent et valorisent car les techniques sont très différentes selon les matériaux. Certaines initiatives sont aussi politiques et militantes. You Stink par exemple est toujours en activité. D’autres initiatives ont pour but la sensibilisation pour l’évolution des modes de vie comme le Ras Beirut btifroz campaign organisée dans les quartiers de Ras Beyrouth par l’universitaire Mona Hallak de l’université AUB avec ses étudiants mais aussi le département de Chimie UAI. On peut s’interroger sur l’impact de ces initiatives en particulier sur la prise de conscience par les habitants de leurs pratiques notamment de consommation. De plus, aujourd’hui ces initiatives constatent qu’elles ne peuvent remplacer une industrie des déchets spécialisée. Cependant leur intégration dans de nouveaux réseaux économiques et techniques pourrait amener à une reconfiguration des réseaux et des jeux d’acteurs de la gouvernance urbaine. Ainsi c’est ce type de réponse apportée par la société civile,métonymique d’un certain « empowerment » de la société, dans la démarche comme dans l’objet, qui reflète les prémices d’une recomposition des jeux d’acteurs et de la façon de prendre en charge le fonctionnement nécessaire de la ville qui nous a intéressé. Cette mobilisation et cette démarche des citoyens pourrait aussi à terme prendre une forme plus politique (comme peut le laisser penser la mobilisation You stink) que ce soit au niveau local ou national dans un mouvement de démocratisation de la société lié à la dynamique de moyennisation. L’intérêt que nous portons à ces questions de gestion des déchets est renforcé par les contraintes spécifiques s’appliquant à Beyrouth comme la pression démographique, les enjeux de densité de population et du bâti ce qui crée une tension autour de l’espace disponible très rare. Comme on l’a dit, ces enjeux sont voués à être déterminants dans le futur. Ainsi Beyrouth est prise ici comme un exemple métonymique car elle concentre différents types de problèmes et de risques auxquels les espaces urbains peuvent être confrontés avec aussi la défaillance de l’Etat, notamment avec la corruption, le risque lié à la sous-traitance de certains services clés par une entreprise privée et en situation de monopole, la contrainte foncière pour installer des équipements. Nos recherches seront construites notamment par les retours d’expériences que nous irons récolter. La méthodologie d’enquête sera donc centrée essentiellement sur des entretiens afin de comprendre les motivations et les relations latentes qui se sont établis entre les acteurs. Nous pensons interroger des habitants des différents quartiers de Beyrouth pour déterminer quel a été l’effet de ces initiatives sur leur qualité de vie mais aussi des habitants investis dans ces initiatives. Nous voulons aussi interroger les structures porteuses de ces initiatives et leurs collaborateurs pour analyser de plus près l’effet boule de neige” qu’elles ont déclenché par leur action. Enfin, nous interrogerons aussi des acteurs institutionnels comme les maires puisque la gestion des déchets est dorénavant déléguée au niveau municipal par exemple le maire de Zahlé. A l’issue de ces entretiens nous synthétiserons ces recherches à l’aide de cartes et de schémas d’acteurs. On essaiera de mesurer la réussite de ce système. Il faudra pour cela déterminer par quels moyens mesurer cela à partir de quelles données, de quelles approches. Le but étant déterminer dans quel mesure ce système est “reproductible”, ou en tout cas, quels enseignements et bonnes pratiques nous pouvons en tirer. Tout en faisant une étude comparée avec d’autres villes du Sud qui font face à la gestion des déchets que ce soit sur le pourtour méditerranéen (Naples), Afrique (Nairobi, Ouagadougou) ou en Inde

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