Interview d’Emilia Routhiau, lauréate du concours et fondatrice d’une micro-crèche plurielle

Bonjour Emilia, puis-je commencer par vous demander de présenter votre projet aux internautes d'Anjoutalents.fr ?

Bonjour, alors mon projet est une micro crèche plurielle,  avec pour objectif d’accueillir des enfants valides et des enfants en situation de handicap.  Cette micro-crèche a une capacité d'accueil d’environ 10 enfants.  Personnellement, j’ai suivi une formation d’éducatrice spécialisée sur Orléans mais pas spécifiquement du secteur de la petite enfance.

J’ai pensé à ce projet car je me suis rendu compte, au fil de mes expériences, que les enfants pouvaient arriver à l’âge de 6 ans en IME sans prise en charge réellement adaptée à eux. Je me suis alors renseignée sur ce qui se faisait avant leurs 6 ans, et j’ai constaté que seulement 20% des enfants de moins de 6 ans, dans le département, ont une place adaptée.

Lorsque j'ai réalisé mon étude de besoin en septembre 2017, environ 690 enfants de moins de 6 ans étaient en situation de handicap. Ce qui est infime et qui ne permet pas aux enfants d'avoir un suivi adapté à leurs besoins. Trop de parents se voient alors contraints d'aménager leur temps de travail voire de stopper toute activité professionnelle pour s'occuper de leur enfant au quotidien, sans oublier les frères et sœurs pour qui ce n'est pas forcément évident.

Comment avez-vous connu le concours ?

Ma conseillère du crédit mutuel m’a envoyée un mail pour m’informer du début du concours ainsi que du début des inscriptions et du dépôt des dossiers. J'en ai également entendu parlé grâce à Sammy. Une de mes connaissances est de la famille d'un des co-fondateurs.

Pourquoi vouloir participer au concours organisé par le Crédit Mutuel Anjou ?

Pour le coup de pouce. C’était vraiment le début du projet et aussi pour m’entrainer à en parler. Egalement pour me projeter un petit peu parce que faire le dossier m’a permis de faire mes premières fiches, la première version de la présentation. C’était le tout début et je pense que c’était vraiment bien de le faire à ce moment-là.

Votre ressenti pendant votre passage devant le jury ? Quels souvenirs gardez-vous de ce passage devant le jury ?

J’ai été très bien accueillie par le jury, je ne me suis pas vraiment posé de question avant de faire ma présentation. C’est un projet qui me tient à cœur et à partir de ce moment-là je n’étais pas stressée, je n’ai pas ressenti de pression particulière.

C’était vraiment le tout début, j’ai commencé les démarches en janvier 2017, le dépôt de dossier devait être en mars et les résultats en Avril. Ça m’a servi de tremplin pour faire le dossier, c’était bien.

Même après mon passage, j’ai eu un suivi avec M.Auban. Il m’a appelé et m’a adressé un courrier accompagné d’un petit mot personnalisé pour me féliciter, (que j’ai d’ailleurs gardé dans le dossier) j’ai trouvé ça sympa.

J’ai apprécié le retour et le fait de sentir qu’il y a des gens qui soutiennent le projet et qui s’y intéressent.

Quelle image cela t’a donné du Crédit Mutuel ?

Une image de soutien. Pour le projet des jeunes et tous les projets en général. Par la suite, j’ai eu un rendez-vous avec ma conseillère, on m’a alors orientée vers un conseiller particulier qui est à Saint-Georges. Je pense que sans le concours il n’y aurait pas eu de communication comme ça et je n’aurais peut-être pas changé de conseiller et serais resté à l’agence ou j’étais.

J’ai un conseillé plus personnalisé par rapport à mon projet et mes besoins, alors oui je suis vraiment satisfaite.

Que vous a apporté ce prix ? professionnellement ? Personnellement ?

Cela m’a permis de donner de la visibilité à mon projet. J’ai aussi mentionné le fait d’avoir remporté ce concours à la fin de mon dossier. Cela interpelle et intéresse les personnes quand je le présente, ça apporte un petit plus.

Que devient votre projet ? Quelles sont vos motivations pour la suite ?

Aujourd’hui, on a un terrain, un constructeur et si tout va bien, les travaux pourraient commencer en octobre/novembre 2018. La Caf peut subventionner les ouvertures de micro-crèches. Nous attendons septembre pour avoir une réponse à notre demande de subvention.

Recommanderiez-vous ce concours à d’autres ?

C’est un coup de pouce et aussi de la visibilité. Le seul fait de présenter son projet et d’essayer de le vendre à quelqu’un c’est déjà intéressant. Le jury m’a également conseillé de me rendre au CCI qui m’a à son tour réorienté vers la BGE et vers des conseillers plus techniques ainsi que des formations. J’y serais peut-être allé de moi-même mais pas forcément à ce moment-là n’y dès le début. C’était bien, une très bonne expérience et il y a un réel intérêt à ce que le concours se poursuive.

J’ai déjà parlé de ce concours il y a peu au travail. Il y a des remplaçants qui ne sont pas diplômés avec des idées de projets et ça pourrait être un levier pour eux.

Un conseil pour les candidats ?

De croire en eux et de persévérer. Malgré ce que peuvent dire certaines personnes de l’entourage ou de l’extérieur du genre : « c’est trop compliqué », « c’est très long » il faut croire en son projet et persévérer. Même si c’est vrai que c’est long. Quand on m’a dit au début que je partais pour 2 ans et demi de démarche, je me suis dit « oh ça va aller, j’aurai finis avant, j’aurai ouvert avant » et finalement c’est bien la réalité. Je pense que lorsqu’on est porteur d'un projet on veut essayer de le faire de la manière le plus parfaite possible.

Ça passe vite parce qu’on y pense tous les jours. Mon conjoint et moi passons beaucoup de notre temps à travailler ce projet. D'un autre côté ça me parait très lointain parce qu’on se dit que l’ouverture sera pour septembre 2019. Il faut être patient et persévérant.

Merci Emilia, et bonne réussite !